Ersatz, Objet Volant Identifié !
Premier constat concernant cet album, c'est un bon produit ! Car si le spectateur moyen pense avant tout à son plaisir, n'oublions pas que la sortie d'un album quel qu'il soit répond à une logique triangulaire : producteur, artiste, auditeur. Ersatz (rien que le titre de l'album est évocateur de l'autodérision ambiante) obéit donc à cette logique difficile à respecter, en ce sens qu'il est à la fois commercial (ce qui plaît à la prod'), intéressant (ça c'est le boulot de l'artiste) et très, très audible (pour l'auditeur). Démo avec Les limites, moyen plus niveau artistique (malgré un clip à mourir de rire), mais commercial. Certains expriment d'ailleurs leur incompréhension quant au choix de ce single pour faire la promotion de l'album : de toute évidence ils n'ont pas intégré le triangle, car les trois éléments sont interactifs et dépendants. Bon choix donc, n'en déplaise aux fans !
Artiste de variét' (il le revendique d'ailleurs lui-même), Julien Doré parvient, avec son équipe, à mêler influences rock, pop et jazz pour nous recracher un univers folko-dadaïste hyper intéressant, déjanté juste comme il faut. Des mélodies pas dégueulasses avec Cet air là et Los Angeles, du romantisme (seuxel et barré peut-être, mais romantisme quand même) avec Bouche pute... Une bonne richesse instrumentale et des textes poétiques, voilà la recette du succès, car l'artiste l'affirme : "J'ai voulu cet album comme un cabinet de curiosités, comme une balade romantique dans un musée. J'aime quand les choses n'ont pas le même goût tout le temps."
Extravagant, moqueur mais pas gratuit, décalé, insolite, désanchanté, poète voire romantique, les adjectifs ne manquent pas pour qualifier le style de cet artiste à part entière. Julien Doré réussit le pari osé de redorer le blason de la scène française, trop souvent frileuse. Vivement le 2e album !
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