God saved Séraphine
Un point mérite néanmoins d'être précisé, et il concerne les influences de Séraphine. N'en avait-elle aucunes ? D'un point de vue artistique, non. Elle n'eut effectivement aucun maître, ne fut élève d'aucun peintre, ne prit aucun cours, ni ne fréquenta aucun cercle d'amateurs d'art. Pourtant Séraphine de Senlis suivait bien un guide. Comme elle l'affirme, elle reçut l'ordre de peindre d'en haut, car il semble que sa piété était irréprochable. Dans un premier temps, c'est un ange-gardien qui lui serait apparu. Suivit la Vierge Marie en personne. Comment donc résister à une telle volonté, qui vient de si haut lieu ?
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la main de Séraphine fut habilement guidée. Des années durant, elle fut rongée par la création, par la nécessité intérieure de Kandinsky. Séraphine ne cessa de progresser, du moins tant qu'elle se sentit libre. "On" lui donna un talent naturel, spontané, unique, intense, transcendant, et elle l'utilisa à merveille.
Mais alors pourquoi ? Comment ? Toutes les questions qui me vinrent à l'esprit alors que je contemplai longuement ces toiles, au Musée Maillol, commençaient par ces deux mots. Pourquoi ces motifs ? Parce que Séraphine aimait se réfugier dans la nature. Pourquoi cette attirance pour la nature, alors ? Pourquoi ces couleurs, si puissantes ? Pourquoi cette ambiance, si sombre ? Comment développa-t-elle ce talent ? Comment donne-t-elle cette profondeur à ses tableaux ? Le spectateur trouve ici un des plus parfaits exemples du mystère de la transcendance. Bien sûr des réponses sont envisageables. Séraphine, qui ne connut quasiment que la solitude, trouva dans la nature comme un refuge. Son talent ? Il fut acquis à force de travail, de persévérance, car il est clair que ses premières toiles, même si elles attirèrent immédiatement l'oeil avisé de Wilhelm Uhde, n'étaient pas vraiment abouties d'un point de vue technique.
Pourtant, comment comprendre un tel univers, si l'on n'a pas vécu une telle "révélation". La réponse la plus satisfaisante est certainement la suivante : sublimation d'une douleur. Douleur d'une vie de servitude, d'une vie de solitude, d'une vie d'emprisonnement. Cependant il est clair qu'aucune réponse ne nous suffit, à nous qui apprécions son art. Son oeuvre est inexplicable, et c'est mieux ainsi, car le mystère a du charme.
Rendons hommage à celle que l'on aime appeler par son prénom, dès lors que l'on essaie de la comprendre.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la main de Séraphine fut habilement guidée. Des années durant, elle fut rongée par la création, par la nécessité intérieure de Kandinsky. Séraphine ne cessa de progresser, du moins tant qu'elle se sentit libre. "On" lui donna un talent naturel, spontané, unique, intense, transcendant, et elle l'utilisa à merveille.
Mais alors pourquoi ? Comment ? Toutes les questions qui me vinrent à l'esprit alors que je contemplai longuement ces toiles, au Musée Maillol, commençaient par ces deux mots. Pourquoi ces motifs ? Parce que Séraphine aimait se réfugier dans la nature. Pourquoi cette attirance pour la nature, alors ? Pourquoi ces couleurs, si puissantes ? Pourquoi cette ambiance, si sombre ? Comment développa-t-elle ce talent ? Comment donne-t-elle cette profondeur à ses tableaux ? Le spectateur trouve ici un des plus parfaits exemples du mystère de la transcendance. Bien sûr des réponses sont envisageables. Séraphine, qui ne connut quasiment que la solitude, trouva dans la nature comme un refuge. Son talent ? Il fut acquis à force de travail, de persévérance, car il est clair que ses premières toiles, même si elles attirèrent immédiatement l'oeil avisé de Wilhelm Uhde, n'étaient pas vraiment abouties d'un point de vue technique.
Pourtant, comment comprendre un tel univers, si l'on n'a pas vécu une telle "révélation". La réponse la plus satisfaisante est certainement la suivante : sublimation d'une douleur. Douleur d'une vie de servitude, d'une vie de solitude, d'une vie d'emprisonnement. Cependant il est clair qu'aucune réponse ne nous suffit, à nous qui apprécions son art. Son oeuvre est inexplicable, et c'est mieux ainsi, car le mystère a du charme.
Rendons hommage à celle que l'on aime appeler par son prénom, dès lors que l'on essaie de la comprendre.
Informations supplémentaires - Dossier d'accompagnement pédagogique
Image : http://belcikowski.org
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